Publié le 29/09/2010  La Dépêche du Midi

Tournefeuille. Au lycée, la sophrologie a calmé les esprits

Éric Pérez, Louis Musso, Claudie Paillette, Isabelle Pélissou et Sandy Blasquez : un résultat inespéré !/Photo DDM

Comment aborder une classe difficile ? Pourquoi pas avec un peu de sophrologie et beaucoup d'écoute ? Au lycée Françoise à Tournefeuille, depuis deux ans, ça marche !

«Quand je suis arrivé dans la classe, tout le monde hurlait, rigolait, se chamaillait… Moi, le vieux prof, j'étais sidéré ! » se souvient Louis Musso. « Et puis, j'ai tenté d'expliquer : on vous a sans doute toujours dit que vous étiez nuls, moi je vous dis que ce n'est pas vrai, et que si vous le souhaitez, vous pouvez y arriver… Alors, petit à petit, ils m'ont écouté. J'ai rajouté : je suis venu là pour vous aider à repartir… »

C'était il y a deux ans au Lycée Françoise à Tournefeuille. Aujourd'hui : « Avec cette classe, nous avons eu d'excellents résultats aux examens intermédiaires » assure Claudie Paillette, la proviseure.

Louis Musso a largement dépassé l'âge de la retraite. Il a été « prof de gym », enseignant à l'Université pour les futurs profs d'EPS. Il a beaucoup bossé sur l'échec scolaire, sur les méthodes d'apprentissage. Ainsi, il cherche à savoir si tel élève est plutôt visuel, sensitif ou auditif, ce qui va tout changer pour lui dans la façon d'apprendre. Et surtout, il est sophrologue, une méthode qui donne d'excellents résultats sur le contrôle de soi.

« Il y a deux ans, le proviseur de l'époque, François Dumas, m'a demandé si je pouvais faire quelque chose avec cette classe qui était la plus difficile… »

 

 

Louis a tenté le coup. Il a pris chacun de ces élèves pendant trois heures en entretien individuel. Il a gagné la confiance de chacun. Il a aussi convaincu l'équipe des professeurs de travailler dans le même sens que lui. « De l'écoute, mais pas de démagogie ».

Plus disponibles

À l'heure où l'on veut introduire la police ou les caméras dans les lycées, lui a amené la sophrologie avant les cours, histoires de se détendre, d'être plus disponible. « Ils se sont sentis rassurés, et ils ont pu se mettre à travailler. »

« Les élèves ont compris qu'on leur prêtait attention, constate Isabelle Pélissou, la proviseure adjointe. Ils ont cessé d'être en opposition, ils ont vu qu'on voulait les aider. Ils ont retrouvé une estime de soi. »

« J'ai compris que dans certains cas, les élèves ne font pas certaines choses uniquement par mauvaise volonté, observe le CPE Éric Pérez. On s'explique davantage. Aussi, lorsqu'il y a sanction, celle-ci est mieux comprise. »

« L'équipe pédagogique a pu se construire autour d'un projet. Ainsi, la tension a baissé, les cours sont plus détendus, note Claudie Paillette. Les relations avec les élèves sont apaisées. »

« C'est super, d'aller en cours avec eux, assure Sandy Blasquez, prof d'EPS. Et sur la manière d'enseigner, nous avons désormais une réflexion commune qui nous permet d'appliquer les mêmes règles que l'on enseigne l'anglais, le sport ou l'histoire. »

Les élèves eux-mêmes ont senti qu'ils étaient portés par quelque chose de différent. À la fin de l'année scolaire, le dernier jour, ils sont tous venus…. en tenue de plage ! Une façon d'exprimer que désormais, ils étaient dans le bain !

 

                                                                                                   Dominique Delpiroux

 

 

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